La réversion : comprendre comment se forment les graines féminisées.
Dans le monde du chanvre et du cannabis, chaque plante exprime un phénotype unique : sa structure, sa vigueur, sa précocité, son profil aromatique, sa résine, sa couleur… Parfois, un phénotype se distingue tellement qu’on souhaite le conserver ou le reproduire le plus fidèlement possible.
C’est là qu’intervient un concept souvent méconnu : la réversion sexuelle (ou “sex reversal”). Il s’agit d’un procédé botanique permettant à une plante femelle de produire du pollen… tout en conservant son patrimoine génétique de femelle.
🌱 Pourquoi vouloir réverser une plante femelle?
Dans les variétés féminisées, toutes les plantes sont génétiquement femelles. Si l’une d’elles présente un phénotype exceptionnel — par exemple :
- une structure idéale, compacte ou au contraire très aérée,
- une taille parfaitement adaptée à un espace donné,
- une précocité remarquable,
- un profil aromatique rare ou très recherché,
- une stabilité supérieure à la moyenne,
… il peut être intéressant de préserver ce phénotype précis pour obtenir des graines qui en seront les descendantes directes.
Or, pour produire des graines féminisées, il faut du pollen génétiquement femelle. C’est exactement ce que permet la réversion.
🌼 Comment fonctionne la réversion d’un point de vue botanique ?
Chez le cannabis/chanvre, le sexe de la plante est influencé par plusieurs facteurs, dont certains hormonaux. L’un des régulateurs clés est l’éthylène, une hormone végétale impliquée dans le développement des fleurs femelles.
Lorsque la production ou l’action de l’éthylène est inhibée, la plante peut exprimer des fleurs mâles, même si elle est génétiquement femelle (XX).
👉 Résultat : La plante produit du pollen mâle, mais ce pollen contient uniquement des chromosomes femelles. C’est ce pollen qui permet ensuite d’obtenir des graines féminisées.
🌸 Pourquoi ce pollen est-il si précieux ?
Parce qu’il permet de créer des graines :
- issues du même phénotype,
- génétiquement féminisées,
- sans apport génétique extérieur,
- donc très proches de la plante d’origine.
Dans la pratique, les sélectionneurs utilisent souvent :
- la plante réversée pour produire le pollen,
- des boutures de ce même phénotype comme plantes réceptrices.
Ainsi, les graines obtenues sont une reproduction fidèle du phénotype initial.
🧪 Le rôle de l’argent colloïdal (explication scientifique, non procédurale)
Dans les approches théoriques de réversion, on cite souvent l’argent colloïdal ou d’autres agents à base d’argent. Ces substances sont connues pour bloquer l’action de l’éthylène dans les tissus végétaux.
En inhibant cette hormone, la plante femelle cesse de développer des fleurs femelles et peut produire des fleurs mâles contenant le pollen recherché.
Il s’agit d’un phénomène botanique bien documenté : l’argent interfère avec les récepteurs de l’éthylène, ce qui modifie l’expression florale.
⚠️ Important : L’usage de ces produits, leur application et la production de graines sont strictement encadrés par la loi dans de nombreux pays, dont la France. Cet article explique le principe biologique, sans encourager ni détailler une pratique interdite.
🌾 En résumé
La réversion d’une plante de chanvre/cannabis permet :
- de conserver un phénotype exceptionnel,
- de produire du pollen génétiquement femelle,
- de créer des graines féminisées très proches de la plante d’origine,
- grâce à un mécanisme basé sur l’inhibition de l’éthylène.
C’est un outil utilisé dans la sélection variétale et la préservation génétique, mais qui reste soumis à des cadres légaux stricts selon les pays.
